Quatre ans plus tard, l’automne

Le soleil rase les toits
Les oiseaux prennent leur envol
Les arbres changent de couleurs
La douceur des écharpes revient
J’adore l’automne

Soirées télé et chocolat
La nature qui petit à petit s’étiole
Le froid qui s’immisce comme un voleur
La buée que l’on fait en sortant le matin
J’aime bien l’automne

Les toutes premières gelées
Les gosses à la porte pour Halloween
La question du changement d’heure
Dès octobre on parle de Noël
C’est ça l’automne?

Les feuilles glissent sous les pieds
L’air qui se charge de bruine
Mon corps en manque de chaleur
Les excuses SNCF irréelles
Il m’emmerde l’automne

Le 18/11
Mickaël Landès

 

Texte de référence à voir ici:V’là le printemps, poème naïf

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Le chocolat chaud

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J’aime quand ma chérie fait du chocolat chaud

Elle y met parfois de la cannelle,

Accompagnée d’une touche de miel

L’odeur me renvoie aux Noël quand j’étais minot

 

J’aime quand ma chérie fait du chocolat chaud

Elle y met parfois de la coco

Râpée ou en copeaux

Le parfum me renvoie en vacances aux pays chauds

 

J’aime quand ma chérie fait du chocolat chaud

Elle y met parfois de la vanille

En provenance de Manille

L’arôme me renvoie sous la couette, au chaud

 

J’aime quand ma chérie fait du chocolat chaud

Elle y met parfois des marshmallows

Qu’elle coupe en tout petits morceaux

Les effluves me revoient aux hivers dans l’Idaho

 

J’aime quand ma chérie fait du chocolat chaud

Elle y met parfois de la châtaigne

Qu’elle grignote comme une musaraigne

Les effluves embuent mon cerveau

 

J’aime quand ma chérie fait du chocolat chaud

Elle en met parfois dans une tasse

Quand mon humeur est lasse

Et m’apporte dans le cœur un oiseau

 

Mickaël Landès

Le 24/10/2017

Je pense à toi

Debout, au bord du monde

Je pense à toi.

Mes yeux contemplent le vide

Le vent me pousse, me tire

Et mes pensées s’envolent

 

Je pense à toi qui t‘endors

Et t’envoies des songes

Je pense à toi qui cours

Et me fatigue

Et il y a toi aussi

 

Debout, au bord du monde

Les orteils dans le vide

Je pense à toi

Une envie de liberté m’étreint

Les idées au loin, je m’allège

 

Je pense à toi qui soupires en classe

Et m’estime heureux que ce soit fini

Je pense à toi qui attends à la maternité

Et souris à la pensée des joies à venir

Et il y a toujours toi

 

Debout, au bord du monde

Je prends une grande inspiration

Et fais un grand pas en avant

Je pense à toi

Sans avoir où tu es

 

Je pense à toi qui pleures sur une photo

Et recueille tes larmes

Je pense à toi qui veux une glace

Et salives en pensant à la chantilly

Et toi tu es encore là

 

Du bord du monde je m’éloigne

Heureux, libre, vivant

Sans attache physique

Je vagabonde sur la planète

Et je pense à toi

 

 

Mickaël Landès

Le 14/08/2017

Le cœurdonnier

Faites voir dans quel état il est.

Si c’est juste le cuir à réparer

Je pourrai faire quelque chose.

 

Mais qu’avez-vous fait ?

Il faut en prendre soin !

Le cuir est tellement usé…

Et les pauvres semelles,

Comme si vous aviez arpenter

Les trottoirs du monde entier.

Il était de si belle facture

 

Étiez-vous bien avec ?

Ça fait un moment que vous n’étiez pas venu.

Vous auriez dû m’appeler dès la première déchirure.

Il ne fallait pas trainer…

Je comprends, vous y étiez attaché.

Mais maintenant vous avez encore plus mal.

Plus facile à dire qu’à faire, certes.

Écoutez-moi, j’ai une idée :

Pendant que m’occupe de votre cœur,

Je vous en prête un d’occasion.

Mais attention ! Pas de grand amour !

Il est bien trop usé pour cela.

Vous pouvez tenter quelques amourettes.

 

Je retape le vôtre, une dernière fois.

Je vais y mettre tout le mien.

Cette fois il faudra y aller avec précaution.

Voilà, faites-y tout de même attention

A ce vieux machin d’occasion.

J’y tiens beaucoup

Et ce pour bien le connaître,

Comme le dos de ma main.

Oui vous avez compris.

Prenez-en soin

Et je vous rendrai votre bien

Aussi rutilant qu’à votre premier Amour.

 

Mickaël Landès

Le 30/07/2017

C’est con à dire mais
Je suis bien là.

Appuyé négligemment
Contre le chambranle
Les yeux tournés vers le ciel
Les pieds nus sur la pierre chaude
J’attends.

Le ciel se noircit
Les nuages grondent
L’atmosphère stroboscope
Le vent s’emballe
Et moi j’attends

D’un coup ça pète
Au-dessus de ma tête
Le petrichor emplit mes narines
L’humidité colle ma peau
Mais je reste à attendre

La chappe noire se déchire
Des billes couleur nacre s’écrasent
La foudre frappe encore et encore
Les plombs sautent, des bougies s’allument
J’attends la fin du spectacle

Le sourire béat
Le regard hagard
Les pensées embrumées
La peau mouillée
Je finis par rentrer

C’est con à dire mais
J’étais bien là.

Mickaël Landès
Le 01/08/2017

Demain t’appartient

Je te le donne, il est pour toi.
J’y tiens, je te l’offre, je n’en ai plus besoin.
A présent Demain est dans tes mains.
Tu ne peux pas me le rendre, c’est un cadeau.
Tu peux garder Demain, il t’appartient
Pour le moment.
Utilise-le un jour, une semaine, un mois, un an,
Mais pas une vie.
Repose-toi si le besoin s’en fait sentir,
Puis ensuite vis.
Profite, pars, reviens, reste, construit, rêve, joue, grandis.
Fais ce que t’en veux, Demain t’appartient.

Je l’ai gardé un moment.
J’ai vécu des choses impensables,
C’est ton tour à maintenant.
Demain est un présent que je te fais.
Je ne te dirais pas ce que j’en ai fait,
Il faut vivre sans influence.
Il faut que tu deviennes toi,
Que tu saches ce que tu es.
Pars avec Demain en poche
Et tu découvriras la vie, ta vie.
Ne t’en fais pas pour moi,
Je continue de vivre.
Il m’a tant appris.
N’oublie pas de le transmettre
Mais avant prends-en soin,
Demain t’appartient.

Le 15/07/17
Mickaël Landès

La Jardinière

Viens là que je t’accueille,
Viens là que je te cueille.

Depuis des millénaires je crée
À partir de la Terre je complète,
J’agrémente mon infini jardin.

Du bulbe au chêne centenaire
En passant par la jolie fleur,
De l’Amazonie à la jungle birmane
En passant par la savane,
je récolte sans jamais semer.

Enfin si, je sème
La désolation et la perte
Avec ma faux et mon capuchon.

Viens là que je te cueille,
Viens là que je t’accueille.

Le 03/02/17

Mickaël Landès

Peinture de Daniel Ridgway Knight